Le fortin de la Redoute et sa poudrière

Présentation

Situé dans un quartier militaire, la « Redoute Bourbon » (dit le fortin) est un monument unique et exceptionnel qui témoigne de la présence marquée de l’armée depuis l’origine de La Réunion. Cet édifice massif caractérisera le site géographique puisqu’il donnera son nom à la plaine de Saint-Denis et au quartier où il est édifié.

Bâti sur un éperon rocheux, au-dessus de la route reliant le chef-lieu à Saint-Paul, cet édifice fortifié protégeait cet axe vital entre le nord et l’ouest. Cet ouvrage est un des plus vieux vestiges de constructions militaires, ayant servi à la défense de l’île.

A proximité se trouve sa poudrière, construite à la même époque, devenue aujourd’hui la chapelle Saint-Louis.

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Leur histoire

Edifiée en 1756 à la veille de la guerre de sept ans (1756-1763) la redoute Bourbon est inaugurée par le gouverneur Jean-Baptiste Bouvet de Lozier en 1758.

Elle appartient à un ensemble défensif aménagé aux postes de Saint-Denis et comprend une poudrière (1751), un corps de garde aujourd’hui disparu et deux batteries littorales, les batteries du Cap et du Cimetière.

Les deux étages de La Redoute permettaient deux lignes de feux constitués par quatorze meurtrières au rez-de-chaussée et huit embrasures à l’étage.

Dans la deuxième moitié du XIXème siècle, la Redoute est utilisée comme magasin à poudre et  prison. C’est alors qu’est construit un mur d’enceinte.

Au XXème siècle le bâtiment sert de stockage de munitions, de centre de transmission et de bâtiment administratif. Inoccupé à partir de 2000, un incendie intérieur en 2003 détruit une partie du plancher et endommage la charpente en bois.

1767

La Redoute sert initialement de prison militaire.

1810

La Redoute est armée de quatre canons de 12 et joue un rôle essentiel lors de la bataille contre les Anglais. Les soldats français capitulent.

1815

L'île de la Réunion redevient française et le fortin sert de fort militaire.

1850

Un mur d'enceinte est construit sur le parapet du fortin.

1868

La transformation en magasin à poudre provoque notamment la création d’une double voûte en berceau, recouverte par une toiture quatre pans.

1964

Le fortin sert d'accueil administratif pour l'armée.

2003

Un incendie fera des dégâts sur un plancher et dans la charpente en bois.

2012

Démolition des locaux intérieurs vétustes.

2015

Dépose de la toiture devenue dangereuse.

2020

Réhabilitation de la toiture

Leur architecture

La construction simultanée de la redoute avec la poudrière laisse supposer l’intervention du même ingénieur : Antoine-Marie Desforges-Boucher.

La redoute est entourée d’un haut mur d’enceinte, arrondi aux angles, de 38 mètres de côté, dégageant une cour circulaire de 15 mètres de large. De plan carré de 15 mètres de côté et de 8 mètres d’élévation, cette architecture rappelle une pyramide dont le sommet a été tronqué, formant à l’origine une toiture terrasse en argamasse.

Les murs d’une épaisseur de 2,50 mètres à la base, sont constitués par cinq rangées de pierre de taille en basalte. Un bandeau saillant arrondi souligne la base de la toiture.

Transformée en magasin à poudre, la distribution intérieure est modifiée, tout comme la toiture qui prend sa forme définitive à 4 pans. Elle masque deux voûtes en plein cintre en basalte de 10 mètres de longueur sur 4,60 mètres de large. Tout autour du rez-de-chaussée, quatorze meurtrières rappellent la fonction défensive du monument. Au premier étage, les murs épais sont percés de huit baies carrées barreaudés lorsque la redoute a servi de prison.

Un remarquable blason de Louis XV décore la porte  d’entrée.

La poudrière

La poudrière fut construite par l’ingénieur Desforges-Boucher en 1751, sur le plateau de La Redoute, afin d’abriter toutes les poudres nécessaires à la défense de St Denis à l’époque. Ce lieu a été choisi pour des raisons de sécurité civile, en raison de son éloignement de la ville, mais aussi de stratégie militaire, à l’arrière de la colline, à contre-pente des tirs pouvant venir de la mer. Il était gardé par des sentinelles postées dans un corps de garde situé à quelques mètres, aujourd’hui disparu. La poudrière a perdu peu à peu de son importance après 1869, date à laquelle la Redoute a été aménagée en magasin à poudre, et surtout après les années 1960 où toutes les poudres et munitions de l’armée ont été transférées à la Plaine des Cafres. Cet édifice sert aujourd’hui de chapelle pour l’aumônerie militaire.